A force de douleur devient-on insensible ? Un jour j'ai dit à quelqu'un "alors dans ce cas je ne souffrirais plus jamais ainsi". Depuis le coeur se façonne, il apprivoise le corps pour se fabriquer une armure de cuivre contre la douleur. Et la douleur est contenue à l'exterieur. Parfois elle s'élance avec toujours plus de violence vers le corps, elle cogne, elle se blesse pour entrer en moi. Mais elle n'y parvient jamais. Elle n'est pas aussi forte que le mur. Elle ne peut le briser. Le corps et l'esprit sont exemptés de toute douleur du coeur. PLus jamais. Quelle etrange sensation... Est-ce à en devenir un bloc de glace ? Si la douleur etait trop puissante, elle ne pourrait franchir le mur, elle s'incrusterais surement dans le cerveau pour se muer en folie, en rires de diable, en noirceur d'âme. Mais elle n'en est pas là, le corps en est à la protection. L'instinct de survie dit-on ? La protection est un filet fluide et intransperçable. Sourire sur des lèvres trop abreuvées.
